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Le plus noir des scénarios climatiques se profile (le Monde)

LE MONDE | 13.03.09 | 15h20

COPENHAGUE ENVOYÉE SPÉCIALE

A neuf mois de la conférence de Copenhague, où la communauté internationale s’est fixé un ultime rendez-vous pour s’accorder sur un plan de réduction des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, rien ne garantit qu’un accord sera trouvé. C’est dans l’espoir de conjurer un possible échec que près de 2 000 scientifiques, parmi lesquels les plus éminents climatologues mondiaux, se sont réunis du 10 au 12 mars dans la capitale danoise.

“Imaginez un avion dont la probabilité d’arriver à destination est de 10 %. Monteriez-vous à bord ? Evidemment non…” Stefan Rahmstorf, de l’Institut de recherches de Potsdam sur le climat, aime bien cette métaphore pour expliquer ce qui est en train de se passer : depuis le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), publié en 2007, il est certain, à 90 %, que l’homme est à l’origine de la transformation du climat qui menace les grands équilibres planétaires.

Or tout se passe comme si les gouvernements s’interrogeaient encore sur la possibilité d’embarquer dans cet avion promis à la catastrophe. A Copenhague, la communauté scientifique a voulu démontrer une dernière fois, avant la fin des négociations, que le doute n’était plus permis. “Nous avons accumulé beaucoup de données depuis le dernier rapport du GIEC, en 2007. Nous voulons que les gouvernements décident en connaissance de cause”, a expliqué Katherine Richardson, de l’université de Copenhague, l’une des neuf universités à l’origine de cette initiative.

Les conclusions du GIEC s’appuient sur des données datant au mieux de 2005. Compte tenu de la lourdeur de cette organisation, qui réunit 2 500 chercheurs de 130 pays et dont l’ensemble des publications est soumis au consensus, le prochain rapport ne paraîtra pas avant 2014. Or “les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Les émissions ont continué d’augmenter fortement et le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites”, a affirmé le comité scientifique de la conférence. Les prévisions du GIEC anticipent une hausse des températures comprises entre 1,1 °C et 6,4 °C à la fin du siècle par rapport à la période préindustrielle.

Stefan Rahmstorf a présenté une étude selon laquelle le niveau des océans pourrait augmenter dans une fourchette de 75 cm à 190 cm d’ici à 2100. Soit bien au-delà des prévisions du GIEC allant de 18 cm à 59 cm. Celles-ci – et le GIEC avait pris soin de le souligner – ne prenaient pas en compte l’évolution des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. Or leur rôle serait en réalité majeur, au travers de la fonte des glaces mais surtout de leur “écoulement” dans la mer. “Ce phénomène est beaucoup plus massif et beaucoup plus rapide que nous ne le pensions”, confirme Eric Rignot, professeur à l’UC Irvine en Californie.

Lucka Kajfez Bogataj, de l’université de Ljubljana (Slovénie), a épluché l’ensemble des études climatiques parues dernièrement. Elle conclut sans hésiter : “L’impact du réchauffement est plus précoce et plus rapide que prévu.” Entre 1990 et 2006, le monde a connu les treize années les plus chaudes depuis 1880, qui marque le début de l’ère industrielle, cite-t-elle en exemple.

Spécialiste des écosystèmes, Andreas Fischlin, de l’Institut fédéral de technologie de Zurich, va dans ce sens : “Les écosystèmes stockent 25 % des émissions mondiales de carbone. Cette capacité de stockage devrait culminer vers 2050, avant que les écosystèmes fragilisés par le réchauffement ne se mettent à leur tour à relâcher du CO2 dans l’atmosphère aggravant ainsi le phénomène. Ce problème est beaucoup plus important que nous ne le pensions il y a cinq ans.”

Ce que les scientifiques ont baptisé des tipping points, soit des seuils au-delà desquels les conséquences du réchauffement deviennent irréversibles et incontrôlables, pourraient être plus bas. “Nous pensions que la survie des ours polaires serait menacée à partir d’une hausse des températures de 2,8 °C, il est probable que cela soit déjà vrai à partir de 1,5°C”, avance M. Fischlin.

La richesse des hotspots (“points chauds”) de la biodiversité, ces régions qui concentrent quantité d’espèces rares ou endémiques, serait en danger à partir d’un réchauffement de 1,6 °C. “Les nouveaux modèles dont nous disposons nous montrent que beaucoup de seuils de rupture se trouvent dans la bande des 2 °C à 3 °C. Et qu’il faudrait mieux garder une distance de sécurité pour ne pas risquer de s’en approcher”, poursuit le chercheur. Sir Nicholas Stern, auteur du célèbre rapport sur “l’économie du changement climatique”, a indiqué que “le coût de l’inaction sera supérieur à ce qu’il avait présenté en 2006″.

Présent à Copenhague, le président du GIEC, Rajendra Pachauri, n’est pas sorti de son devoir de réserve mais, à neuf mois de l’échéance, il a jugé “utile que cette conférence rappelle aux politiques qu’il existe une crise plus grave que la crise économique”. James Hansen, le célèbre climatologue de la NASA qui fut l’un des premiers à alerter en 1988 sur les dangers du réchauffement, a été plus direct : “Il faut que l’opinion soit sûre d’une chose. Les scientifiques sont clairs. Il n’existe pas de grosses incertitudes sur le film qui est devant nous. Et les politiques ne peuvent pas s’abriter derrière de prétendues inconnues pour ne pas agir.” En clair, les scientifiques ont fait leur travail. Aux politiques maintenant de faire le leur.

Laurence Caramel

Article paru dans l’édition du 14.03.09.

source > lemonde.fr

Time to lead / réchauffement climatique : pas plus de 2°C !

Le climat de la planète se dérègle, les activités humaines (transport, agriculture, habitat, industrie, …) en sont la cause. Les négociations internationales sur le climat ont lieu le 1er décembre 2008 à Poznan (Pologne). Il y a urgence ! Des mesures ambitieuses doivent être adoptées:

réduction des émissions de gaz à effet de serre, soutien financier et technique aux pays du sud, politiques d’efficacité énergétique…

Nicolas Sarkozy, président de l’Union européenne en exercice, brade les politiques climatiques et énergétiques dans les négociations européennes. Les négociations internationales en pâtiront!

Le 11 décembre, nos gouvernants décideront de la réponse européenne au changement climatique.

S’ils ne parviennent pas à un accord sur une réduction d’au moins 30% des émissions de gaz à effet de serre en Europe, nous n’aurons aucune chance de maintenir le réchauffement de la planète sous le seuil de 2°C et ainsi d’éviter une catastrophe climatique. Nous devons nous faire entendre.

© 2008 Climate Action Network (CAN) Europe, Friends of the Earth Europe, Greenpeace European Unit and WWF European Policy Office. Site by Torchbox http://www.timetolead.eu/

Action virale des Amis de la Terre Europe sur www.timetolead.fr

voitures vertes = publicité mensongère

Sur le site de Greenpeace dédié aux voitures, votez pour la pire des publicités mensongères vantant les mérites des pseudo voitures vertes et téléchargez des vrais-faux PV antipollution.

Elle est passée par ici… (la révolution écologique)

Repassera-t-elle par là ?

PARIS (AFP) – Les acteurs du Grenelle de l’environnement ont lancé
mercredi un appel alarmiste au gouvernement et au Parlement pour mettre
en oeuvre la révolution écologique annoncée fin octobre, menacée selon
eux d’”enlisement”.

“Ces derniers temps, un sentiment d’enlisement et d’essoufflement de la
dynamique s’est fait jour parmi les acteurs du Grenelle”, estiment les
représentants des 4 collèges – collectivités territoriales, ONG,
employeurs et syndicats – qui ont participé aux côtés de l’Etat au Grenelle.

“Des tentations de retour en arrière s’expriment ici et là. Des
pressions s’accumulent. Des questions essentielles comme celle des
financements ne sont toujours pas abordées”, jugent-ils dans une tribune
publiée dans Le Monde en date de jeudi.

Quatre mois après la tenue de ce vaste forum écologique qui a fait
naître l’espoir d’une nouvelle société, soucieuse de ses impacts sur
l’environnement, ils estiment que “rien de suffisant ne s’est encore
traduit en actes” et que “les résultats se font attendre”.

“Il est urgent de reprendre la main”, lancent-ils dans cette tribune
signée aussi bien par le représentant du Medef, Jean-Pierre Clamadieu,
que par le lobbyste écologique Nicolas Hulot ou l’astrophysicien et
président de la ligue ROC Hubert Reeves.

Les signataires se tournent vers les parlementaires qui auront à
examiner le projet de loi d’orientation du Grenelle: “nous attendons
d’eux qu’ils encouragent et renforcent le mouvement vers l’absolue
nécessité du changement de société que le Grenelle de l’environnement
préconise”, déclarent-ils.

Ils s’inquiétent d’une possible dilution sous la pression des lobbies
des 268 mesures adoptées fin octobre, qui vont des transports à
l’isolation des bâtiments, la construction ou l’agriculture bio.

Le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a qualifié mercredi la
tribune de “piqûre de rappel justifiée et utile” tout en réitérant sa
“confiance dans le Parlement”.

Les signataires “sont inquiets que certains groupes puissent essayer de
récupérer d’une main ce qu’ils ont donné de l’autre lors du Grenelle. Je
ne le crois pas mais il faut rester vigilant”, a-t-il reconnu.

L’avant-projet de loi d’orientation du Grenelle devrait être soumis aux
députés avant l’été en première lecture, après examen par le Conseil
économique et social et le Conseil d’Etat.

Le texte particulièrement touffu comporterait une première partie
“programme” et une autre consacrée à sa déclinaison technique, qui
devrait comporter environ 130 articles.

“Le document de base est prêt ainsi que certains textes d’application,
sur le chantier thermique (bâtiment) et sur les transports et la
mobilité durable notamment”, a indiqué M. Borloo.

Le texte devait être transmis mercredi à Patrick Ollier, député UMP et président de la commission
mixte parlementaire sur le Grenelle, “pour que les députés puissent
commencer à travailler” a-t-il précisé.

Le ministre a également assuré que “l’intégralité du financement est
prévu. tout a été arbitré à ce jour de façon conforme.”

La loi reprend les grandes lignes du Grenelle mais certains points,
comme la “trame verte”, sorte de corridor écologique pour faciliter le
déplacement des espèces n’y figureront pas. Le bio dans les cantines
fera l’objet d’une circulaire actuellement à la signature chez le
Premier ministre, selon l’entourage du ministre.

Par ailleurs, la législation sur les OGM fait l’objet d’un texte séparé
déjà examiné en première lecture par les sénateurs et qui sera soumis
aux députés à partir du 1er avril.

Krach écologique

“2030, LE KRACH ECOLOGIQUE” Un livre vient de paraître sur l’écologie et la catastrophe annoncée… De GENEVIEVE FERONE.

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zéro CO2 ou la mécanique quantique du climat

Deux études scientifiques récentes délivrent un message simple : l’humanité doit réduire les émissions de carbone à une valeur proche de zéro pour stopper l’élévation de la température terrestre.

Par Juliet Eilperin, Washington Post, 10 mars 2008

La tâche de réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter une dangereuse augmentation de la température terrestre pourrait s’avérer bien plus difficile que ne l’avaient suggéré les recherches antérieures, avertissent les scientifiques qui viennent de publier plusieurs études montrant qu’il faut mettre un terme à toutes les émissions de carbone en l’espace de seulement quelques décennies.

Leurs résultats, parus ces dernières semaines dans différentes revues scientifiques, laissent entendre que les pays industrialisés et les pays en développement devront abandonner l’usage des combustibles fossiles dès le milieu de ce siècle, afin de prévenir le réchauffement qui pourrait modifier les modèles de précipitation et tarir les ressources d’eau de par le monde.

Mettant en oeuvre des modèles informatiques de pointe qui tiennent compte du réchauffement des couches profondes de l’océan ainsi que d’autres aspects du cycle du carbone qui crée et élimine naturellement le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère, ces scientifiques originaire des États-Unis, du Canada et d’Allemagne, délivrent un message simple l’humanité doit réduire les émissions de carbone à une valeur proche de zéro pour stopper l’élévation de la température terrestre.

« La question est celle-ci : que faire si nous ne voulons pas que la terre se réchauffe encore plus ? » S’interroge Ken Caldeira, chercheur au Carnegie Institution et co-auteur d’un article publié la semaine dernière dans la revue Geophysical Research Letters. « La réponse implique un changement bien plus radical de notre système de production d’énergie que les gens ne l’imagine ».

Bien que de nombreuses nations se soient engagées en faveur de mesures destinées à freiner les émissions depuis près d’une décennie, la production mondiale de carbone ayant pour origine l’activité humaine s’élève à environ 10 milliards de tonnes par an et augmente constamment.

L’objectif de zéro émissions apparaît largement hors de portée pour les dirigeants politiques aux USA comme dans le reste du monde, tout au moins pour l’instant. Aux USA, les responsables commencent à peine à s’attaquer à la mise en œuvre de limites contraignantes sur les émissions de gaz à effet de serre. Le Sénat s’apprête à voter en juin une législation qui permettrait de réduire les émissions américaines de 70% en 2050, et les deux candidats Démocrates à la présidence, Hillary Clinton et Barack Obama prônent une diminution de 80%. John McCain, le candidat républicain est quant à lui favorable à une réduction de seulement 60% au milieu du siècle. [... réactions de politiques américains...]

Jusqu’à présent, les scientifiques et les décideurs ont généralement décrit le problème en termes d’un arrêt de l’accumulation de carbone dans l’atmosphère. La Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a abordé la question sous cet angle depuis 20 ans, et de nombreux experts recommandent de limiter la concentration de CO2 à 450 parties par million (ppm).

Mais M. Caldeira, tout comme le professeur Andreas Schmittner l’Université de l’Etat de l’Oregon affirment désormais qu’il serait plus judicieux de se donner pour objectif un seuil de température, qui constituerait un meilleur critère lorsque la planète connaîtra de graves perturbations climatiques. La terre s’est déjà réchauffée de 0,76 degrés Celsius au-dessus de niveaux pré-industriels. La plupart des scientifiques considèrent qu’une augmentation de température de 2 degrés Celsius pourrait entraîner de graves conséquences.

M. Schmittner, qui a dirigé la publication parue le 14 Février dans la revue Global Biogeochemical Cycles, déclare que la modélisation qu’il a utilisée montre que si les émissions mondiales continuent sur un rythme « business as usual » jusqu’à la fin de ce siècle, la terre se réchauffera de 4 degrés Celsius d’ici 2100. En prolongeant la simulation d’une poursuite des émissions jusqu’en 2300, il arrive alors à un chiffre de près de 10 °.

« C’est énorme », s’exclame M. Schmittner. « J’ai été frappé par le fait que le réchauffement se poursuit bien plus longtemps même après que les émissions aient diminué …. Nos actions aujourd’hui auront des conséquences pour de très nombreuses générations. Pas seulement pour une centaine d’années, mais des milliers d’années. »

Alors que les cycles naturels absorbent environ la moitié des émissions humaines de dioxyde de carbone de l’atmosphère en une centaine d’années, une partie importante persiste pendant des milliers d’années. Une partie de ce carbone est responsable du réchauffement en des océans, qui contribuent ensuite à l’élévation de la température mondiale moyenne, et ce même après l’arrêt des émissions de gaz à effet de serre.

Les chercheurs ont prévu depuis longtemps que le phénomène du réchauffement climatique persisterait, même après que les émissions aient commencé à décliner et que les nations auront à diminuer celles-ci de façon spectaculaire afin d’éviter de graves changements climatiques. L’an dernier, le rapport du Groupe d’Experts Intergouvernemental des Nations Unies sur les changements climatiques avait averti que les pays industrialisés auraient à réduire leurs émissions de 80 à 95% d’ici 2050 pour parvenir à limiter les concentrations CO2 sous l’objectif de 450 ppm. Globalement, l’ensemble des émissions de la planète doivent décroître 50 à 80%.

Stavros Dumas, le Commissaire à l’Environnement de l’Union européenne, qui s’est rendu à Washington la semaine dernière pour y rencontrer les fonctionnaires de l’administration américaine, a déclaré que lui et ses collègues travaillent sur l’hypothèse selon laquelle les pays développés doivent réduire leurs émissions de 60 à 80% vers le milieu du siècle, avec une réduction globale de 50%. « Si cela ne suffit pas, le bon sens commande que nous ne laisserons pas détruire la planète, » a-t-il affirmé.

Ces deux nouvelles études scientifiques définissent le défi à relever de manière plus détaillée et sur une échelle de temps plus longue, que ne le faisaient de nombreuses études antérieures. Ainsi, l’étude conduite par M.Schmittner tente de modéliser les la température terrestre pour les 2 millénaires à venir.

Pour certains chercheurs dans le domaine du climat, partisans d’une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre, il est irréaliste d’attendre des hommes politiques qu’ils prennent en compte des durées aussi longues.

« Les gens n’ont pas du tout commencé à réduire les émissions, et d’autant moins à discuter si ce sont 88% ou 99% qui seraient suffisant, » objecte Gavin A. Schmidt, du Goddard Institute for Space Studies de la Nasa. « C’est comme si vous vous lanciez dans un trajet de New York à la Californie, et qu’avant même de démarrer, vous discutiez de l’endroit ou vous aller vous garer une fois arrivé. »

Brian O’Neill, du National Center for Atmospheric Research souligne que règnent encore certaines incertitudes en ce qui concerne l’intensité du cycle naturel du carbone et la dynamique du réchauffement des océans, facteurs qui à leur tour affectent la précision de la modélisation effectuée par M. Caldeira. « Aucun de ceux-ci sont connus avec précision, » note-t-il.

Bien que des modèles informatiques utilisés par les scientifiques pour prévoir les changements climatiques soient de plus en plus puissants, les scientifiques reconnaissent qu’aucun modèle n’est un parfait reflet des dynamiques complexes qui y sont à l’œuvre, ni de leurs évolutions dans le temps.

Néanmoins, la modélisation, précise O’Neill, « aide à clarifier la réflexion sur les objectifs politiques à long terme. Si nous voulons réduire le réchauffement à un certain niveau, il y a une quantité déterminée de carbone que nous pouvons répandre dans l’atmosphère. Une fois celle-ci atteinte, nous ne pouvons plus du tout continuer à en émettre. »

M. Caldeira et son collègue, H. Damon Matthews, professeur de géographie à l’Université Concordia à Montréal, insistent sur ce point dans leur rapport, concluant que « chaque unité d’émission de CO2 doit être considérée comme induisant un changement climatique quantifiable quasi permanent sur une échelle de plusieurs siècles. »

Steve Gardiner, professeur de philosophie à l’Université de Washington, qui étudie les changements climatiques, juge que ces études font illustrent le fait que la discussion au sujet du réchauffement de la planète relève d’un « débat classique entre les générations, où nous bénéficions des avantages à court terme des émission de carbone mais où leurs dangers sont en grande partie reportés sur les générations futures. »

Quand il s’agit de décider du niveau de réduction des émissions de gaz à effet de serre, estime M. O’Neill, « en fin de compte, il s’agit d’un jugement de valeur, et non pas d’une question scientifique. » L’idée de passer à une société sans carbone, ajoute-t-il, « paraît techniquement possible. La question est de savoir si c’est réalisable sur le plan politique ou économique. »

Publication originale Washington Post, traduction Contre Info

clown art

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Pétrole et écrans de fumée

Oil, smoke & mirrors – sous-titré français

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